Les 16, 17 et 18 mars 2018 le Palais des congrès Kursaal a accueilli le IIe Salon international de la BD et Manga de Saint Sébastien. De nombreux invités ont répondu présents à cet événement qui a réuni un grand nombre d’expositions, de concours, de cosplay, le meilleur du Japon et de la Corée, des jeux de société, des signatures d’auteurs et bien d’autres encore. 14 000 visiteurs et 25 auteurs professionnels sont passés par le Salon de la BD pendant les trois journées de l’événement.

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Parmi les 18 artistes présents, nous citerons entre autres les dessinateurs Juan Giménez, José Luis García López, Belén Ortega et Lorena Álvarez, ou l’artiste spécialiste du cinéma, Ugo Serrano. Ils nous ont tous fait partager leur expérience comme créateurs au cours des 13 conférences qui complétaient le programme de l’événement.

Juan Giménez, dont les dessins sont souvent basés sur ses études de design industriel nous a avoué dans une conférence avec Ángel Unzueta son amour pour le dessin, un amour qui l’empêche d’arrêter de travailler. Son obsession pour le dessin est telle qu’il ne s’arrête jamais, même pas le dimanche. Unzueta et Giménez ont proposé une conférence « Dialogue : visions de la BD » sur les difficultés auxquelles ils doivent faire face dans leur travail, leur manière de procéder, les techniques qu’ils utilisent et comment ils s’entendent pour transférer les histoires dans le dessin.

Le dessinateur de BD comme Batman, José Luis García López reconnaissait qu’il est difficile pour un écrivain de comprendre la difficulté de traduire les histoires en dessins. Le principal défi qu’il doit relever est de faire en sorte que ce qui lui arrive dans le texte soit compréhensible pour le lecteur.

Belén Ortega, qui a résidé au Japon pour étudier et travailler est obsédée par l’idée de ne pas se répéter, de ne pas tomber dans la facilité. Elle a souligné le besoin de se réinventer sans cesse, d’être toujours à l’avant-garde dans son travail. La colombienne Lorena Álvarez nous a avoué que la richesse des sujets et l’option de développer des histoires sont les marques d’identité de son travail. Álavez a quant à elle souligné que la BD est arrivée tard en Colombie, mais avec force et notamment parmi les femmes qui sont majoritaires parmi les créatrices de ces histoires.

Ugo Serrano, qui auparavant collectionnait les ossements et les animaux, travaille aujourd’hui sur le métal et l’élaboration d’armures. « Efforce-toi, choisis un sujet, mets-toi complètement à nu et crée ce style », est son slogan. Épaulé par Victor Marín, le fantastique créateur de monstres et de créatures pour le cinéma, la conférence « Monstres, armures et beaucoup de sang » a été le point de rencontre pour cette autre partie des films d’Hollywood qui donnent une autre dimension aux films, de « Le seigneur des anneaux » à « Alien ».

Rencontre avec des éditeurs et prix du salon

Le IIe Salon international de la BD et Manga de Saint Sébastien a reçu la visite de grands auteurs du monde de la BD et a également permis de construire un lieu de rencontre avec les éditeurs. La présence d’éditeurs espagnols et français a animé ce point du Salon qui sert de lien entre les créateurs et l’industrie.

Le Salon a également décerné des prix. Parmi les différentes catégories récompensées, nous soulignerons tout particulièrement le Grand prix du salon décerné à Juan Giménez. L’auteur grand protagoniste indiscutable du salon a reçu le prix sous les ovations du public présent au Kursaal. Les autres lauréats ont été Agustín Ferrer, prix du meilleur scénario, Juan Luis Landa, prix du meilleur dessinateur, Lorena Álvarez, prix de la meilleure couleur, El Torres et Guillermo Sanna, prix du meilleur album et Glenat, prix de la meilleure maison d’édition.

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Des expositions pour tous les publics

Les expositions qui sont les points d’attraction principaux du Salon de la BD n’ont évidemment pas manqué. Les visiteurs ont pu à cette occasion découvrir les monstres de Víctor Marín, fabriqués par ses soins à la main et qui laissent entrevoir le grand travail que représente la création de figures pour le cinéma. « Monstres, armures et beaucoup de sang » a été l’une des expositions les plus acclamées. Les pièces inédites de la collection privée de Víctor Marín ont été présentées.

Les super héros de Marvel ont délaissé le grand écran et les bulles pour un instant pour venir s’afficher dans l’une des expositions les plus attendues. Captain America, Thor, Spiderman… tous étaient présents pour ce rendez-vous avec la BD. L’exposition présentait les personnages principaux de la maison de BD américaine mythique.

Le ComikD a également réservé un espace d’honneur aux dessins de Star Wars réalisés par Ángel Unzueta, récemment nommé dessinateur officiel de la collection originale de Star Wars. Les fans de la Guerre des étoiles ont eu le loisir d’apprécier le travail derrière la fabrication des BD de la saga créée par George Lucas.

Astérix et Obélix ont également disposé d’un espace unique dans lequel étaient exposées 40 planches. Les images d’« Astérix en Italie » ont permis de remettre au goût du jour l’un des personnages de BD les plus célèbres de tous les temps, les irréductibles gaulois Astérix et Obélix.

Corée ou Japon?

Lors de cette seconde édition, en plus de l’espace consacré à la culture japonaise nous avons inauguré un lieu dédié à la Corée. La Corée du Sud, le pays à la mode dans la culture manga a été l’un des espaces les plus dynamiques du Salon de la BD, avec un karaoké et une grande ambiance de musique K-pop, les rythmes à la mode parmi les plus jeunes.

La zone Japon ne pouvait évidemment pas non plus manquer au rendez-vous. Dans cet espace nous avons pu admirer l’exposition « Katanas, armures et ustensiles », un voyage fascinant dans une partie importante de la culture nippone. Lors de cette édition nous avons pu admirer la pièce de théâtre intitulée « Jisatsu », une plongée sensorielle dans le théâtre japonais le plus traditionnel.

Cosplay, le moment le plus attendu

Mais s’il est un événement qui a attiré à nouveau tous les regards, c’est bien celui du concours Cosplay, l’un des rendez-vous les plus attrayants et les plus attendus du IIe Salon international de la BD et Manga de Saint Sébastien. Ce concours réunissait à nouveau deux catégories, défilé et concours cosplay. Dans les deux catégories, les concurrents pouvaient se présenter individuellement ou en couple, et cette édition a encore réuni beaucoup de participants.

L’activité par excellence depuis le début du COMIKD a réuni 4 catégories différentes et plusieurs des cosplayers professionnels les plus célèbres. The Dunwich Crafter, Nyara’s Workshop et Chuel Cosplay sont venus au salon pour montrer leurs créations et se laisser prendre en photo avec les participants.

Artist Alley, la nouveauté : stands et jeux, les classiques

Un autre des plats principaux du Salon de la BD ont été les stands, cette fois-ci au nombre de 65. Les visiteurs ont pu y acquérir des BD, des tee-shirts, de la musique, des figurines de collection et d’autres objets de merchandising. Casa del Libro, Fnac, ECC, CEX, Anaya, Astiberri ou Ponent Mon figuraient parmi les stands installés au Palais Kursaal. Par ailleurs d’autres auteurs comme Eddy Barrows, Alonso Iglesias, Juan Giménez ou Tirso Cons ont pu se réunir avec leurs fans et signer des exemplaires de leurs œuvres.

Un espace unique était également installé à côté des stands : Artist Alley. Dans ce lieu 9 artistes de rue ont exposé leur travail. Un espace qui a attiré les regards curieux des participants, désireux de découvrir de nouvelles formes d’expression artistique.

Les espaces de jeu ne pouvaient évidemment pas manquer. Le grand cube du Kursaal accueillait l’espace des jeux de société qui a attiré cette fois encore un grand nombre de participants ; nous avons enregistré 27 heures de jeux de rôle et de wargames. Dans un autre espace du salon, les jeunes et les moins jeunes ont pu revivre des époques révolues grâce aux classiques jeu d’Arcade, joystick en main.